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Fipronil dans les œufs : point de situation

 
 
Fipronil dans les œufs : point de situation

Dans le cadre de la gestion de la crise liée à l’usage frauduleux de fipronil, 32 produits font désormais l’objet d’un retrait du marché en raison d’une concentration en fipronil supérieure à la limite autorisée.

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l'Alimentation, renforce les contrôles dans les élevages de volailles et sur les produits alimentaires issus de la filière avicole.

  • Contrôles dans les élevages de poules pondeuses  

Suite au bilan intermédiaire des contrôles en élevage rendu public le 18 août dernier, qui n'a pas mis en évidence à cette date l'utilisation de produits falsifiés, les directions départementales en charge de la protection des populations (DDPPDirection départementale de la protection des populations) poursuivent leurs inspections. Celles-ci vont en outre être complétées par la réalisation d'analyses sur des œufs prélevés en élevage.

Les services mettent à profit ces opérations de recherche de l’utilisation éventuelle de fipronil pour dresser plus largement un état des lieux des pratiques en matière de traitements contre le pou rouge. Certaines de ces pratiques font actuellement l'objet d'investigations complémentaires, en particulier  l'usage de produits à base d'amitraze, constaté dans quelques élevages, en dehors des modes d’utilisation autorisés. Une recherche de résidus de cette substance dans les œufs des élevages concernés est en cours. Parallèlement, il est demandé à l'Anses d’évaluer le risque sanitaire éventuel que présenterait la présence de tels résidus dans les œufs si elle était mise en évidence.

  • Auto-contrôles et contrôles officiels dans les établissements  

Au 25 août 2017, plus de 520 autocontrôles ont été effectués par les entreprises françaises, essentiellement par la quinzaine d’entre elles les plus concernées par le risque de contamination par du fipronil. 34 autocontrôles se sont révélés positifs, entraînant le retrait de la vente des denrées contaminées.

Parallèlement, les contrôles officiels se poursuivent dans les centres de conditionnement, les établissements de transformation et chez les grossistes français identifiés comme destinataires d’œufs ou d’ovoproduits contaminés en provenance de Belgique et des Pays-Bas. La Direction générale de l’Alimentation et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes ont demandé aux DDPPDirection départementale de la protection des populations de réaliser des plans de contrôle représentant plus de 750 prélèvements d'œufs ou d'ovoproduits dans les prochaines semaines. Ces prélèvements seront effectués dans des points de vente (surveillance aléatoire) mais également dans les entreprises ayant reçu des produits suspects (contrôles ciblés). Les résultats seront mis à la disposition du public.

  • Actions conduites au niveau européen

Enfin, les autorités françaises ont sollicité l'organisation en urgence de réunions de concertation au niveau européen, afin que soient harmonisées les mesures de gestion des élevages et des produits alimentaires contaminés. En réponse, la Commission a convoqué à Bruxelles un comité d’experts pour le 30 août.

L’amitraze :

« Contrairement au fipronil, dont l’usage est interdit dans les productions animales, l’amitraze est autorisée comme médicament vétérinaire pour le traitement antiparasitaire des ruminants, porcs et  abeilles. Il n’a pas d’autorisation de mise sur le marché pour la filière volailles, que ce soit en traitement sur les animaux ou pour la désinfection des bâtiments d’élevage vides, car aucun dossier de demande n’a été déposé auprès de la Commission européenne. »


Conformément aux engagements de Stéphane Travert, Ministre de l'agriculture et de l'alimentation, une première liste de produits commercialisés en France et dont le niveau de fipronil dépasse la "Limite maximale de résidus"(LMR) vient d'être mise en ligne sur le site du ministère chargé de l’alimentation.

consultez la liste 

Les produits figurant sur cette liste ont été identifiés par des contrôles menés par des entreprises néerlandaises. Ces produits non conformes ont été immédiatement retirés de la vente, en France, par les distributeurs concernés. Les niveaux de fipronil constatés dans les produits concernés ne présentent pas de risque pour le consommateur au regard des références scientifiques.

L’information sur le retrait des produits est portée à la connaissance du public par les distributeurs dans les points de vente.

La liste des produits retirés de la vente sera actualisée en fonction des résultats des analyses qui se poursuivent, notamment dans le cadre :

  • d’une part, d’un dispositif d’auto contrôle mis en œuvre par les professionnels ayant reçu des oeufs ou des ovoproduits suspects ;
  • d’autre part, d’un plan national de contrôles officiels conduit par les services d'inspection des directions départementales en charge de la protection des populations.

A ce stade, les contrôles et inspections menés n'ont identifié aucune matière première ou produit élaboré présentant des concentrations supérieures à la dose de référence aigüe (ARfD), seule susceptible d'entraîner des troubles graves en cas d'ingestion de denrées contaminées. Un bilan des contrôles officiels réalisés par les services de l’Etat sur les établissements de la filière oeufs et ovoproduits sera rendu public dans les prochains jours.

Par ailleurs, les enquêtes dans les élevages se poursuivent afin de s'assurer de l'absence d'usage de fipronil en France. Un bilan intermédiaire de ces enquêtes sera disponible à la fin de la semaine.

Ces informations sont présentées ce jour par la Direction générale de l’Alimentation (DGAL) et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) aux associations de consommateurs.


 Fipronil dans les œufs :  la liste des premiers produits retirés de la vente en France rendue publique

A la suite de la saisine des ministères en charge de l’alimentation, de la santé et de l’économie le 7 août dernier sur le risque pour la santé humaine lié à l’ingestion d’œufs ou de produits contaminés par le fipronil, l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rendu ses conclusions

Consultez les conclusions de l'ANSES

Il en ressort que le risque pour la santé humaine est très faible au vu des niveaux de fipronil constatés dans les œufs contaminés et au vu des habitudes françaises de consommation alimentaire.

Bien que le risque pour la santé humaine soit écarté, les investigations, dans les élevages de volailles et dans les établissements producteurs d’ovoproduits, se poursuivent activement.

Aucune utilisation du produit à l’origine de la contamination, le DEGA 16, n’a été constatée dans les élevages de volaille enquêtés à ce jour. Pour rappel le DEGA 16 n’est pas autorisé sur le territoire national.

Les enquêtes de traçabilité en cours, tant en France qu’à l’étranger, ont permis d’identifier deux établissements, situés dans les départements de la Moselle et de la Vendée, ayant réceptionné des ovoproduits contaminés en provenance de Belgique. Ces établissements ont été immédiatement informés et les enquêtes de traçabilité ont été lancées. Par ailleurs, les établissements de fabrication d’ovoproduits ayant réceptionné des œufs contaminés sont toujours au nombre de cinq.

Enfin, deux centres d’emballage d’œufs (Nord et Somme), ont reçu des œufs de consommation contaminés des Pays-Bas et de la Belgique. Il est mis en évidence qu’un premier lot de 196 000 œufs en provenance de Belgique a été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai. Ces œufs ont aujourd’hui déjà été consommés, sans impact constaté sur la santé. Un deuxième lot, venant des Pays-Pas, portant le code 0 NL 43651-01 (environ 48000 œufs) mis en vente entre le 19 et le 28 juillet a également été identifié. Le distributeur, LEADER PRICE, a procédé au retrait des œufs encore en rayon dès qu’il a eu connaissance d’un risque de contamination. Les niveaux de contamination effectifs ne présentent pas de risque pour les consommateurs.

Face à ces nouveaux éléments, les autorités françaises ont décidé d’affiner les mesures de gestion sur le territoire national :

  • une traçabilité aval systématique sera demandée aux entreprises sur l’ensemble des œufs provenant des élevages contaminés recensés en Belgique et aux Pays-Bas, soit 86 élevages d’après les listes fournies par les autorités de ces deux pays.
  • cette traçabilité sera assurée à la fois sur les établissements d’ovoproduits et sur les établissements producteurs d’aliments à base d’œufs et d’ovoproduits.
  • tous les produits contenant des œufs issus des élevages contaminés seront retirés du marché dans l’attente de résultats d’analyse. Ils seront remis sur le marché en cas de résultats favorables.

Ces mesures de gestion sont pleinement cohérentes avec les recommandations formulées par la Commission européenne.

Elles seront mises en œuvre en concertation étroite avec l’ensemble des ministères concernés et des acteurs de l’amont et de l’aval de la filière avicole.

Stéphane Travert : « Je souhaite exprimer mon soutien aux entreprises françaises qui sont victimes de pratiques frauduleuses. Je m’engage à poursuivre les investigations et à mettre à disposition des consommateurs toutes les informations disponibles ».